les ailes de l'albatros

vide poche et vide cerveau à la fois carnet de bord et cahier de brouillon y'a un peu de tout par ici et même plus ...

31 août 2005

et un flashback dans le nez !!!

J'ai l'air un peu nouille comme ça à renifler devant mon écran ... mais spa ma faute à moi c'est la faute à lui là ... c'est lui qu'a mis plein de liens sur Frederik Mey, et c'est à cause de lui que je suis tombée sur les paroles de GASPAR ... déjà que quand on les avait traduites en cours d'allemand je reniflais pas mal ...

allez tiens, y'a pas de raison que je sois la seule à renifler ... na !

On disait qu'il venait d'Angers
Qu'il ne savait pas dire un mot
Sur la place du marché
Il fut entouré de badauds
Les uns chuchotaient : "Il n'est pas normal"
Et d'autres criaient : "c'est un animal !
Alors ! qu'est-ce que vous attendez
Pour chasser cet idiot, pour chasser cet idiot"

Ses cheveux lui tombaient en mèches
Il se tenait recroquevillé
C'est le diable qui l'empêche
De marcher la tête levée
Le curé lui tendit un pot de lait
Qu'il lappa bruyamment et d'un seul trait
Faudrait qu'on l'abreuve à la crèche
C'est Satan incarné, c'est Satan incarné !

Mon père qui en ce temps là
Etait maître d'école au village
Alla vers lui tendant son bras
Malgré les mots de l'entourage
Mon père lui parla doucement
L'étranger murmura en bégayant
Un nom qui sonnait par endroits
Comme le nom de Gaspard, comme le nom de Gaspard

Mon père le prit avec lui
Et Gaspard hésita un peu
Ma mère lava ses habits
Elle lui coupa les cheveux
Mon père alors lui apprit à parler
A lire à écrire et à calculer
Et mon père disait de lui :
Quel garçon prodigieux, quel garçon prodigieux !

Près de l'école il y avait
Un champ de quelques cinq hectares
Que la commune nous baillait
J'y travaillais avec Gaspard
Comme nos récoltes furent bonnes
Après les rudes journées en automne
Les paysans nous maudissaient
Quand on rentrait le soir, quand on rentrait le soir

Plus tard après Noël passé
Nos sorties devinrent plus rares
Et puis vint ce jour de janvier
Etouffé d'un épais brouillard
Gaspard ne rentra pas pour le repas
Muet je guettais le bruit de son pas
Mon père gronda excédé :
Mais que fait donc Gaspard, mais que fait donc Gaspard ?

On l'a trouvé au petit matin
Dans la neige rouge de sang
Couché dans le petit chemin
Qui va de la maison aux champs
Ses yeux ne reflétaient pas la peur
Mais seulement une infinie stupeur
Ou comme l'immense chagrin
D'être haï autant, d'être haï autant

Un commissaire de passage
Enquêta fort hâtivement
L'abbé fit le discours d'usage
Qui nous consola bougrement
Le champ, depuis, est resté en jachère
Les gens, leurs chiens ne me font plus la guerre
Quand je vais jusqu'au village
Par le chemin des champs, par le chemin des champs.

Posté par melo dye à 17:10 - errances - Commentaires [12] - Permalien [#]
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Commentaires

    Oh, Frédérik Mey ! Oh, cette avalanche de souvenirs que tu déclenches chez moi, à ce nom-là ! Des tristes oui, mais aussi des joyeux, quand on reprenait ses chansons en coeur ma soeur et moi ! Oh, merci !

    Posté par Anitta, 01 septembre 2005 à 00:18
  • Dis donc, ça ne serait pas une reprise de Gaspard Hauser de Verlaine ?

    Gaspard Hauser chante :

    Je suis venu, calme orphelin,
    Riche de mes seuls yeux tranquilles,
    Vers les hommes des grandes villes :
    Ils ne m'ont pas trouvé malin.

    À vingt ans un trouble nouveau
    Sous le nom d'amoureuses flammes
    M'a fait trouver belles les femmes :
    Elles ne m'ont pas trouvé beau.

    Bien que sans patrie et sans roi
    Et très brave ne l'étant guère,
    J'ai voulu mourir à la guerre :
    La mort n'a pas voulu de moi.

    Suis-je né trop tôt ou trop tard ?
    Qu'est-ce que je fais en ce monde ?
    Ô vous tous, ma peine est profonde :
    Priez pour le pauvre Gaspard !

    Posté par antonomase, 01 septembre 2005 à 16:41
  • Anitta > ça fait du bien hein !!!

    Antonomase > coucou, c'est sympa de voir que tu continues à passer par ici !!!

    je pense pas qu'on puisse parler de reprise, je parlerai plutôt de coincidence puisque le Gaspar de Frederik Mey évoque le thème de l'enfant sauvage face à la haine des hommes "civilisés" ce qui, il me semble, n'est pas le cas de celui de Verlaine mais je peux me tromper hein !!

    Posté par Mel'O'Dye, 01 septembre 2005 à 17:11
  • ouaiiiis !

    Mais ça alors, quelle chose incroyab' !
    Je tombe sur le bon vieux Gaspard de Reinhard Mey sur ton blog ! Et en plus une superbe traduction en français
    J'ai le 33 tours, made in '71 (ça s'écrit encore avec "19" devant, pour les djeunes), un peu jauni quand même...

    Posté par Martin, 01 septembre 2005 à 23:43
  • Sacrés souvenirs, oui !

    Posté par véronique, 02 septembre 2005 à 02:32
  • Gaspard Hauser était également un enfant sauvage qui a été poignardé 5 ans après être revenu à la "civilisation"... mais c'était en Allemagne.

    Maintenant, il est également possible que tous les enfants sauvages s'appellent Gaspard

    Posté par antonomase, 02 septembre 2005 à 10:34
  • murf !

    ouaih ben ... aucun souvenir pour moi

    rires , je retourne dans mon vaisseau spatial ...

    Posté par Ailes, 02 septembre 2005 à 12:30
  • Martin > mwarfff didon tu devais pas être bien vieux toi en 71 ;-p (btw si tu pouvais me passer les paroles en allemand ... steupléééééé !!!!)

    Véro > ))

    Antonomase > ben vi mais à l'origine la chanson est en allemand ... CQFD ;-p

    Ailes > tu peux rester tant que tu veux oh honorable alienne (j'ai pas dit aliénée hein me fais pas dire ske gépo dit !!!)
    bizzzz

    Posté par Mel'O'Dye, 02 septembre 2005 à 18:00
  • Les paroles en allemand ici
    ingeb.org/Lieder/siesagte.html

    Et c'est à Nuremberg dans la VO de Mey. La boucle est bouclée, on parle bien du même. C'est pas que ça avait une importance fantastique, mais bon ... Cela dit, le texte de Verlaine a été chanté par Moustaki et par Reggiani.

    Tout le monde pensait que ce Gaspard était le fils caché de Stéphanie de Beauharnais et de je ne sais plus quel noble allemand. Hélas, les analyses ADN cassent tous les rêves et les légendes.

    Posté par antonomase, 02 septembre 2005 à 18:25
  • Première chanson apprise à la guitare en 1979. Je désespérais de retrouver ce texte. Magnifique. Que du bonheur et un grand merci.

    Posté par Vincent, 15 décembre 2006 à 18:48
  • J'ai entendu "la boîte à musique", un soir chez José Arthur il y a bien longtemps, lorsque j' étais pensionnaire Ce fut un choc et depuis Frédéric Mey a suivi ma vie, adolescence, amour, maturité, paternité (magnifique "petit d'homme")et dernière étape aujourd'hui Je suis un inconditionnel et j'aimerais lui dire qu'il a toujours été là dans les bons, et surtout difficiles, moments de ma vie Je le tiens pour un très très grand poète Je l'écoute toujours aujourd'hui avec autant d'émotion Je le remercie comme un ami qui m'a accompagné sur ce merveilleux, mais chaotique, chemin qui est notre vie Danke schon

    Posté par Mickey, 04 mars 2012 à 22:46
  • UN magnifique poème

    Que j'apprécie particulièrement pour évoquer les problématiques des surdoués dont les ailes de géants..
    Merci!

    Posté par Enfant Surdoué, 30 janvier 2017 à 13:16

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